Les sixièmes rencontres annuelles en nanométrologie se sont tenues jeudi 1er décembre au Ministère de l’Économie, de l’Industrie et des Finances et ont rassemblé plus de 100 participants. Organisé par le club nanoMétrologie (www.club-nanometrologie.fr), piloté par le LNE et le réseau C’Nano du CNRS, cet événement a été un véritable succès, rassemblant à part égale tant les industriels (40) que des ressortissants du monde académique (44) ainsi que des membres de différents ministères (22).

Georges Favre (LNE) et Khalifa Aguir (Aix-Marseille Université - CNRS), les deux présidents du Club nanoMétrologie, ont donné la parole à M. Nicolas Castoldi, délégué général à la valorisation du CNRS et à M.Thomas Grenon, directeur général du LNE pour introduire ces rencontres. Les deux représentants des entités fondatrices du Club nanoMétrologie ont souligné l’intérêt des activités du club, notamment dans son rôle de passerelle entre les mondes académiques et industriels, et ont exprimé le soutien de leurs tutelles respectives. M.Christophe Sirugue, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie, a ensuite exposé la vision et l’implication du Ministère de l’Industrie dans le développement des nanotechnologies à l’échelle nationale et l’importance de mesures fiables et donc de la nanométrologie, science de la mesure à l’échelle du nanomètre, pour pouvoir notamment assurer un contrôle efficace des importations de produits contenant des « nanos », mais également permettre aux acteurs industriels français de développer des produits plus performants et plus sûrs, éléments différenciants pour renforcer la position française à l’export. Il a insisté sur le rôle que cette discipline centrale doit pouvoir jouer pour fédérer les différents acteurs impliqués dans le domaine des nanotechnologies et augmenter la confiance de la société civile dans ces innovations (des données de qualité et plus fiables sont synonymes de plus de transparence possible donc  d'amélioration de la confiance).

Cette journée a permis de dresser un panorama assez large des besoins en termes de caractérisation à l’échelle nanométrique, depuis le cas des nanoparticules jusqu’aux couches minces en passant par des dispositifs tels que les LED.

M. Gerstenmayer (DGE) a insisté sur la nécessité de développer des technologies et des méthodes de traçabilité physique des nanoparticules pour accroître la confiance et insister sur le fait que le développement et l’innovation responsables (Nano ‘Safe by Design’) est un enjeu français, européen et mondial, qui nécessite des données de mesure fiables, notamment pour alimenter des simulations numériques à différentes échelles.

Un bilan des différents travaux menés par le Club nanoMétrologie depuis sa création en 2011 a été proposé avec un focus sur son rôle de lieu d’échange entre différents types d’acteurs et d’incubateurs de projets. Les deux comparaisons inter-laboratoires proposées par le Club à ses membres, premier exercice de ce genre en France pour évaluer les performances des laboratoires en termes de mesures à l’échelle nanométrique, ont été présentées avec et la volonté affirmée de mettre en place de nouvelles inter-comparaisons.

Une table ronde autour de l’ANR, de l’OMNT et du réseau C’Nano a présenté les conclusions d’une étude prospective sur les nanosciences et les nanotechnologies menée entre 2013 et 2015, afin de donner à l’ANR des éléments pour sa programmation scientifique.

Le programme européen de recherche en métrologie EMPIR a été présenté, ainsi que les opportunités de financement de projets de recherche sur des sujets de métrologie.

Françoise Roure du Conseil Général de l’Economie a mis en avant les besoins de standardisation en terminologie, métrologie et caractérisation pour sécuriser la chaîne de valeurs de la propriété intellectuelle dans le domaine de la nanobiologie, puis Simon Baconnier a présenté l’initiative EU-NCL, le laboratoire européen de caractérisation des nano-médicaments. La nécessité de créer des liens avec des laboratoires nationaux de métrologie, tels que le LNE en France, a été clairement évoquée. Cela permettrait à EU-NCL de se démarquer du NIST, le laboratoire de métrologie américain, pour les questions de métrologie et de pouvoir poursuivre son action d’amélioration des méthodes de caractérisation utilisées pour fournir aux industriels fabricants de nano-médicaments qui sollicitent EU-NCL pour obtenir des données de qualité.

Claude Weisbuch de l’Académie des Technologies a retracé l’histoire de l’éclairage et des nouvelles technologies à base de nanomatériaux (quantum dots) utilisées aujourd’hui pour fabriquer des LED, en soulignant les verrous actuels, notamment en termes de caractérisation, pour améliorer ces systèmes.

Michel Hehn a présenté la vocation du Tube Daum, grand projet instrumental porté par l’Institut Jean Lamour pour proposer aux industriels développant des nanomatériaux une solution de croissance de couches minces et les différents outils de caractérisation in situ.

Des éléments sur la réglementation des nanomatériaux dans le domaine alimentaire ont été apportés par Nicolas Feltin du LNE. La confusion apportée par les différentes définitions existantes a été soulignée, et les difficultés de la caractérisation de la taille des nanomatériaux ont été évoquées. Les résultats obtenus par le LNE sur différents produits alimentaires ont été exposés.

David Grosso d’Aix Marseille Université et de la société SOLGELWAY a présenté la méthodologie originale de synthèse de couches minces et de caractérisation quantitative de leur porosité grâce à l’ellipsométrie.

Enfin, Laurent Devoille du LNE a donné des éléments sur le projet NANOMET, financé par la DGE afin de développer des méthodes de référence pour la caractérisation de la taille des nanomatériaux. L’objectif est de fiabiliser les résultats de ce type de mesure. Il a rappelé la possibilité pour les PME de bénéficier de prestations de caractérisation gratuites et les différents outils qui seront mis en ligne pour être téléchargés gratuitement.

En outre, des membres du réseau ont pu présenter leurs travaux au cours d’une session posters organisée pendant le déjeuner.

Le succès de cette journée confirme ainsi l’intérêt des travaux du Club nanoMétrologie et sa capacité à réunir les mondes de la recherche et de l’industrie autour d’un thème d’intérêt national.

 

Retrouvez le programme complet de la journée dans le document ci-dessous :

 

Retrouvez le compte-rendu détaillé des sixièmes rencontres ci-dessous: