Les besoins de mesures dans le domaine de la santé et de l’environnement
 
Devant un marché grandissant et touchant tous les secteurs industriels (industrie automobile, chimique, électronique, agro-alimentaire…), des inquiétudes apparaissent dans le domaine de la santé et de l’environnement : certaines études montrent que les nanomatériaux et notamment les nanoparticules présentent une toxicité bien différente du matériau macroscopique de la même composition.


Certains dangers sont d’ores et déjà identifiés pour une exposition par voie cutanée, par ingestion ou, plus fréquemment par inhalation. En effet, la nanoparticule peut franchir différentes barrières biologiques et pénétrer dans les systèmes vitaux. Une démarche «nanotoxicologique» ambitieuse est nécessaire car les résultats des études toxicologiques et éco-toxicologiques sont peu nombreux, assez disparates et parfois contradictoires.


Des rapports de différentes agences françaises et européennes de surveillance et régulation préconisent un recensement précis et exhaustif des nanomatériaux existants et produits par les industriels, ainsi que la mise en place de structures d’enregistrement et de surveillance. Ces agences souhaitent obliger les entreprises à fournir des informations claires sur les nanoproduits qu’elles fabriquent.


Le Parlement européen demande « urgemment la mise au point de protocoles d’essais et de normes en matière de métrologie adéquats permettant d’évaluer, sur la base d’une approche pluridisciplinaire, l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement aux nanomatériaux et les risques liés à ces derniers » (résolution publiée dans le journal officiel de l’Union Européenne daté du 24 avril 2009).


Lorsque la définition des nanomatériaux sera totalement figée (description et nomenclature), il sera nécessaire de définir les principaux paramètres caractéristiques capables de décrire de manière précise un nano-objet. Ensuite, les principaux organismes internationaux impliqués dans la normalisation des nanomatériaux proposeront des protocoles de caractérisation. Ces méthodes de mesures seront reproductibles et reconnues par tous.
L’ISO/TC 229, comité technique de l’organisme international en charge de la normalisation des nanomatériaux a déjà proposé une liste de paramètres pour la caractérisation physico-chimiques des nano-objets manufacturés soumis aux tests toxicologiques.

Les paramètres qui devront être mesurés avec soin sont :
(i) taille, (ii) distribution en taille, (iii) morphologie, (iv) composition chimique, (v) structure cristallographique, (vi) état d’agrégation ou d’agglomération, (vii) solubilité (viii) surface spécifique (ix) charge en surface et (x) chimie de surface.


Lorsque les protocoles seront décrits, il sera nécessaire d’établir des mesures fiables, reproductibles et traçables aux unités S.I. (système international d’unités) pour organiser les comparaisons entre laboratoires. Un recensement précis et exhaustif des nanomatériaux existants et produits par les industriels sera ainsi possible. De plus, les autorités publiques pourront mettre en place des structures d’enregistrement et de surveillance efficaces car les entreprises seront capables de fournir des informations claires sur les nanoproduits qu’elles fabriquent.
Les objectifs du groupe de travail seront de faire une synthèse sur :

  •     L’évaluation des risques en milieu professionnel.
  •     Les études toxicologiques et éco-toxicologiques existantes.
  •     Les connaissances techniques et scientifiques sur les outils métrologiques disponibles ou en cours de développement.
  •     L’instrumentation spécifique pour caractériser, détecter et quantifier les nanomatériaux dans l’alimentation humaine/animale et les matrices biologiques.
  •     L'instrumentation  capables de mesurer de façon spécifique les caractéristiques pertinentes des nanoparticules manufacturées