Différents projets financés dans le cadre d’appels FP7/NMP abordent la question de la nanométrologie et de la traçabilité des résultats de mesures au système international d’unités, nécessaire pour permettre leur comparabilité entre plusieurs laboratoires. Cela passe notamment par le développement de matériaux de référence (MR) et de matériaux de référence certifiés (MRC) selon les recommandations des Guides 34 et 35 édités par l’ISO/REMCO. Les MR sont en effet essentiels pour l’étalonnage des instruments d’analyses, le développement et la validation des méthodes d’essais, ainsi que pour l’évaluation des performances des laboratoires.

Le projet Nanolyse, qui se termine au cours de l’année 2013, s’intéresse ainsi aux matrices alimentaires (nourriture et boisson). Des suspensions colloïdales de nanoparticules manufacturées ont été acquises ou produites (SiO2 à 150 ± 63 nm, fullerènes, Ag à 43 ± 15 nm, gélatine) et caractérisées par DLS, CLS et microscopie électronique. L’étude de l’homogénéité et de la stabilité dans le temps de ces matériaux est toujours en cours ; aucune modification significative n’a pour le moment été observée au niveau de la pureté, de la distribution en taille et de la concentration des nanoparticules. Les travaux réalisés dans le cadre du WP1 ont conduit dans un second temps au développement de plusieurs MR à matrice alimentaire destinés au développement et la validation de méthodes d’essais ; une soupe de tomates dopée avec les nanoparticules de silice à hauteur de 1 et 4% en fraction massique, une huile de colza contenant des fullerènes selon des fractions massiques comprises entre 10 et 100 μg/L, une boisson énergisante dopée avec des nanoparticules de gélatine réticulée à deux niveaux de concentration, ainsi que de la viande de poulet contenant des nanoparticules d’argent. Ce dernier cas est censé simuler la migration potentielle des nanoparticules d’argent présentes dans les emballages. Les tests d’homogénéité ont été concluants pour l’ensemble de ces différents MR et une approche générique pour la validation des méthodes pour la détection et la quantification de nanoparticules dans échantillons de nourriture a pu être proposée : cette approche fournit des éléments concernant la validation de l’identité, la sélectivité, la précision, le domaine de travail, la limite de détection et la robustesse d’une méthode.

Le projet NanoValid se déroule de novembre 2011 à octobre 2015 et s’intéresse au développement de méthodes et de matériaux de référence pour permettre une identification et une évaluation plus fiables des risques potentiels associés aux nanomatériaux manufacturés au cours de leur cycle de vie. Les travaux en cours au sein du WP5 se concentrent plus particulièrement sur la préparation et la caractérisation de suspensions stables de nanoparticules qui pourraient être utilisées directement pour des essais in vitro, l’analyse du comportement des particules dans un milieu physiologique ou des matrices environnementales. Les matériaux ciblés prioritairement par ce projet sont les oxydes métalliques (SiO2, TiO2, ZnO & CuO), les métaux (Ag, Au & Pd), les NTCs (SWCNT & MWCNT), ainsi que les fullerènes. Plusieurs matériaux semblent avoir un bel avenir en tant que MRC pour ce qui est du mesurande « taille des particules » : une suspension de SiO2 (environ 10 nm), ainsi qu’une suspension d’Ag devraient ainsi être proposées par le BAM. Compte tenu du manque de méthode de caractérisation primaire, les valeurs de référence qui seront attribuées aux MRC seront des valeurs consensuelles obtenues via des comparaisons inter-laboratoires. A noter que deux instituts nationaux de métrologie sont impliqués dans ce projet : le BAM (Allemagne) et l’INMETRO (Brésil).

Le projet INSTANT se déroule sur la période 2012-2015 et ambitionne de développer un protocole général d’extraction pour isoler et pré-concentrer les nanoparticules manufacturées présentes dans les échantillons alimentaires et cosmétiques. Le développement d’un capteur innovant, peu couteux et robuste faisant appel à deux principes de transduction complémentaires (optique& électrochimique) est également prévu pour permettre la détection de ces nanoparticules selon leur taille, leur forme et leur type. La fiabilité des résultats obtenus doit être assurée par la fourniture de nanoparticules manufacturées de référence complètement caractérisées, étape nécessaire pour permettre une comparaison de leurs propriétés en tant que matériau pur lors de leur emploi en tant qu’additif alimentaire. Les nanoparticules ciblées au lancement de ce projet incluent l’Ag, SiO2, TiO2, ZnO et des nanoparticules organiques. Le BAM (Allemagne) est le seul institut national de métrologie à être impliqué sur ce projet.

Le projet MARINA, a été lancé en novembre 2011 et prévoit, sur quatre ans, d’adapter au cas particulier des nanomatériaux les procédures standards utilisées jusqu’à maintenant pour l’analyse du cycle de vie et l’évaluation de l’exposition, du danger et du risque associées aux produits chimiques conventionnels. Pour traiter la question du cycle de vie des nanomatériaux, le consortium doit obtenir les matériaux de référence indispensables à la réalisation d’essais fiables. Un panel de nanomatériaux manufacturés commercialisés selon de grands volumes et dont l’impact économique est important a été ciblé : TiO2 (différents tailles, formes et charge de surface), SiO2, CeO2, ZnO, Ag, MWCNT (différents longueurs). Ces nanomatériaux de référence doivent être complètement caractérisés, leur homogénéité et leur stabilité évaluées. Ils seront utilisés ensuite au sein du projet pour valider les méthodes de caractérisation des principaux paramètres physico-chimiques des nanomatériaux manufacturés suspectés d’être à l’origine d’effets néfastes du point de vue toxicologique. Dans un second temps, il est prévu que soient développées et validées des méthodes de caractérisation des nanomatériaux manufacturés dans des matrices biologiques et environnementales (air, sol, sédiment, eau), et que les nanoparticules libérées par des produits vieillis soient caractérisées pour être comparées aux  nanoparticules primitives. Le NPL (Grande-Bretagne) est le seul institut national de métrologie à être impliqué sur ce projet.